La sociologie visuelle et filmique au congrès de l'AFS d'Aix-en-Provence

En choisissant de titrer « Classer, déclasser, reclasser » le Congrès 2019, la direction de l’AFS ouvre de vastes champs de réflexion au RT 47 pour, non seulement traiter des classements, déclassements et catégorisations utilisées en sociologie, mais pour nous intéresser aussi aux représentations et à leur mise en image[son].

La catégorisation et le classement sont certainement visuels avant d’être réfléchis conceptuellement : les vêtements, les couleurs de peau, les corps, les allures ou les postures, etc. caractérisent chaque personne et participent à la construction de la représentation que chacun d’entre nous se fait de l’individu qu’il rencontre pour la première fois ou du groupe qu’il côtoie. Comment nos images montrent-elles la connivence ou l’étonnement immédiats qui accompagnent ces rencontres, ou bien les longs apprivoisements mutuels pour établir des convergences ?

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© Jean-Pierre Durand

Le travail sociologique, mais aussi la mise en image, participent du déplacement social (valorisation/dévalorisation...) des catégories sociales ou des groupes catégorisés chez les individus :

  • Comment passe-t-on des préjugés (les apparences ou la trajectoire connue d’autrui) à un déplacement catégoriel plus ou moins réfléchi ?
  • Comment la massification (via les medias et l’internet) construit d’autres regards sur le genre, sur l’ethnicité, l’appartenance sociale ?
  • Qu’est-ce que le regard de l’autre dans la photographie ou dans le documentaire sociologique ? Comment nos images fixes ou animées rapportent des logiques de représentation d’autres groupes sociaux ? Y compris dans les relations (concurrence, conflits, convergences...) de catégories sociales et de groupes différents ?
  • Comment les classes, les groupes, les catégories sociales se mettent en scène socialement (mouvements sociaux, partis, syndicats, coordinations, etc.) ? Comment sont-elles perçues par les autres groupes ? Qu’en disent les photos et les films sociologiques ?
  • Comment l’écriture visuelle (et sonore) rend-elle compte (différemment du texte) des catégories et des classements opérés par la sociologie ? Qu’est-ce qui pourrait lui donner des caractéristiques spécifiques ? Et, au-delà de ces questions, quelle est la place du contexte et des situations dans les images pour signifier les catégories et les classements sociaux ?
  • Sous l’angle de l’équipement des chercheurs, quels sont les moyens couramment utilisés pour accéder, trier et (re)classer les images fixes ou animées collectées ? Quels logiciels de classement des données visuelles et sonores sont utilisés ? Quelles solutions de conservation sont privilégiées ? Quels rôles ces outils ont dans le processus de connaissance et d’écriture visuelle ? Cet atelier vise un partage d’expériences par la présentation d’outils concrets, déjà testés ou qui peuvent être affinés au service des approches en sociologie visuelle et filmique.

Les communications portent de préférence sur des réalisations personnelles ou sur des réalisations visuelles et filmiques de chercheurs de disciplines voisines (avec projection de photos et d’extraits de films).

 

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